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Négo 2020 : Le marathon ne fait que commencer !

31 octobre 2019

Ce qu’il y en a eu, du travail dans l’ombre, au cours de la dernière année ! Le dépôt de nos demandes sectorielles [1], effectué les 29 octobre 2019 et de table centrale [2], le 30 octobre 2019 a beau marquer le lancement officiel des négociations 2020 du secteur public, cela fait des mois que nous nous y préparons !

C’est particulièrement vrai pour les revendications de table centrale (salaires, retraite, droits parentaux, disparités régionales, assurances, etc.) pour lesquelles nous devons non seulement faire consensus entre nous, au sein de la FSSS–CSN, mais également avec d’autres partenaires, au premier chef, les trois autres fédérations CSN du secteur public.

Les négociations du secteur public, en soi, c’est une bibitte d’une ampleur difficile à imaginer : 88 000 personnes de toutes les catégories de personnel, seulement à la FSSS–CSN — plus de 150 000 pour toute la CSN. Cela nous confère un rapport de force inégalé à la table de négociation. Cela suppose de dégager un projet rassembleur aux yeux d’une grande diversité de travailleuses et de travailleurs et qui reflète leurs aspirations et leurs besoins.

Identifier les besoins des travailleuses et travailleurs

Nous avons commencé, il y a un an, par mener un vaste sondage électronique auprès de nos membres portant sur ce qu’ils souhaitaient améliorer dans leurs conditions de travail. La bonification des salaires, particulièrement pour les plus bas salarié-es, ressortait fortement comme une question importante, de même que l’amélioration des conditions dans lesquelles nous effectuons notre travail au quotidien, et ce, dans toutes les fédérations.

Il faut dire qu’après des décennies de compressions budgétaires et de gels de salaires ou de faibles augmentations, les attentes sont très élevées. Les travailleuses et les travailleurs n’en peuvent plus de soutenir ce réseau à bout de bras, sans avoir le sentiment que celles et ceux qui prennent les décisions reconnaissent leur apport inestimable à notre société.

Bâtir la solidarité

Les résultats de ce sondage, ainsi que des débats tenus notamment en conseil fédéral, où tous les syndicats sont représentés ont donc contribué à alimenter les travaux du comité de négociation de la FSSS–CSN.

Ensuite, notre comité de négociation a partagé ces réflexions avec les comités de négociations des trois autres fédérations CSN du secteur public qui ont mené de leur côté un exercice semblable. Cela aura pris de nombreuses heures de discussion pour en arriver finalement à des propositions communes sur les enjeux que nous portons tous, comme les salaires. Ces travaux, qu’on nomme harmonisation, sont essentiels parce qu’il est impératif que les membres des quatre fédérations, de la santé et des services sociaux, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des organismes gouvernementaux se reconnaissent au maximum dans ces demandes portées conjointement !

C’est ainsi, par exemple, qu’il a été résolu au printemps dernier de consulter tous nos membres sur une augmentation de salaire qui serait déterminée en montant fixe plutôt qu’en pourcentage de même qu’une formule d’indexation des salaires au coût de la vie. En effet, une augmentation en montant fixe est plus avantageuse pour celles et ceux qui gagnent le moins dans le secteur public, soit parce qu’ils occupent des emplois moins bien rémunérés, soit parce qu’ils sont en début de carrière et donc au bas de leur échelle salariale.

Consultations de négociation

Cette proposition, ainsi que les autres sujets de table centrale, ont ensuite été soumises à la consultation [3] de tous les membres, en assemblées générales. Des amendements adoptés par les assemblées générales ont finalement été rediscutés au début du mois d’octobre, en conseil fédéral, où tous les syndicats FSSS–CSN ont une délégation. Un certain nombre ont été retenus.

Enfin, le comité de négociation de la FSSS–CSN a porté cette synthèse aux trois autres fédérations CSN représentant les travailleuses et les travailleurs du secteur public pour une ultime « harmonisation ». Car ces fédérations avaient reçu, elles aussi, des amendements et de nouvelles propositions de leurs assemblées !

D’autres jours et d’autres soirées de travail auront été nécessaires, au cours des dernières semaines, pour parvenir au dépôt de table centrale, tel que nous l’avons présenté le 30 octobre. Cela nous permet d’avoir un projet cohérent et véritablement rassembleur pour tout le monde.

Je tiens à saluer le professionnalisme et l’engagement dont ont fait preuve tous les membres de notre comité de négociation lors de ces longues séances au cours desquelles les quatre fédérations se « cassent le bicycle » à la recherche de points de convergence ! Pour plusieurs d’entre elles et eux, il s’agit d’une première expérience à la négociation nationale et disons qu’ils ont été rapidement plongés dans le feu de l’action !

Une proposition audacieuse

Pour les travailleuses et les travailleurs de santé et des services sociaux que nous représentons, ces longs travaux menés dans l’ombre finissent tout de même par faire une différence : au sein de la CSN, nous sommes pas moins de 150 000 à porter une revendication salariale accordant une attention particulière aux bas salarié-es, et ce, de façon solidaire. C’est dire que tout ce monde, peu importe son propre niveau de revenu, s’entend sur l’urgence de revaloriser en priorité les conditions salariales de celles et ceux qui en ont le plus besoin. Ce n’est pas rien ! De plus, cela fait des décennies que nous n’avons pas porté de revendication en montant fixe à la table centrale. Nous faisons preuve d’audace et nous devons en être fières quand c’est ce dont les travailleuses et les travailleurs ont besoin !

Par ailleurs, si on regarde également à l’extérieur de la CSN, force est de constater que plus de la moitié des salarié-es de l’État réclament officiellement des augmentations de salaire en montant fixe pour 2020. Bref, nous avons réussi à installer ce principe au cœur de la négociation 2020 et il sera bien difficile pour le gouvernement d’ignorer à quel point cette approche est rassembleuse parmi ses salarié-es.

Que de chemin parcouru déjà dans ce marathon… mais le fil d’arrivée est encore loin ! C’est maintenant la mobilisation qui devra se mettre en branle dans les prochains mois pour faire comprendre au gouvernement Legault à quel point ces demandes sont importantes pour le personnel du réseau.

Josée Marcotte, vice-présidente de la FSSS-CSN


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[1] demandes sectorielles: http://www.fsss.qc.ca/negos-2020-les-salarie-es-de-la-sante-et-des-services-sociaux-deposent-leurs-revendications/

[2] table centrale: https://www.csn.qc.ca/actualites/les-demandes-de-la-csn-des-services-publics-plus-humains-pour-toutes-les-quebecoises-et-tous-les-quebecois/

[3] consultation: http://www.fsss.qc.ca/redonner-de-loxygene-a-notre-reseau-public/

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